Pêche à la truite

L'hameçon de sept, (ou 6 ou 8), va bien pour pêcher la truite à rôder : une canne, un fil, un hameçon armant une sauterelle verte à abdomen jaune l'été, ou un petit hanneton de mai ou deux en mai-juin, ou un grillon, ou bien une ou deux « mouches », de fleur ou de bouse, ou un ver laissé roulé à fond par le courant, ou entre deux eaux, tandis que les insectes peuvent être dandinés ou laissés au courant en surface, ou entre deux eaux, sans plombs ni flotteur, dont on verra plus loin l'usage. Dans ce cas de la traque de la truite, à la portée de tous, mais qui demande gestes ouatés, car la truite est peureuse ! on ne plombera de quelques petits plombs sphériques fendus, pinces sur le fil, que si la rivière a grand fond, ou fort remous; ou bien pour faire pendre bien verticale la ligne dans un hublot du feuillage au-dessus de l'eau. Les plombs, dans ce cas, s'il y a un fort courant dans ce coin « impêchable » si poisson­neux et si faste, pinces à quinze ou vingt centimètres de l'hameçon, s'échelonnant vers le haut s'il en faut un chapelet. Cela suivant la force du courant, ou suivant la profondeur de ce coin de rivière.
S'il s'agit de faire tomber verticalement de très haut un hameçon appâté au-dessus d'une eau calme, les plombs peuvent même, et c'est mieux, être remontés haut sur le fil, même au-dessus de la partie immergée de la ligne.
... Puisque nous voilà déjà en train de pêcher la truite, à l'insecte ou au ver, ne la ratons pas. Avec appâts naturels, laissons mordre cette dame des six à neuf secondes, lentement comptées. Sinon, comme elle a bouche cornée et garnie de dents, et comme elle mâchouille un moment sa bouchée avant de l'engamer, (l'avaler sans ingurgiter d'eau), nous la raterions neuf fois sur dix en ferrant à la touche.
Cette touche-là, la truite vous la signale soit en faisant filer la ligne à contre-courant, ou en biais, soit en bloquant le fil comme une accroche au fond. Tendre alors délicate­ment le fil. Si c'est la truite, elle vous « téléphone » sa présence par de vives petites secousses, qui électrisent la canne et la main et le cœur du pêcheur. Rendons donc la main, laissons le fil mollir, et patientons sept ou huit (au moins) très lentes grisantes éprouvantes secondes. Un petit coup du poignet pour ferrer, un tout petit coup en souplesse qui pique l'hameçon dans le fond du gosier de votre proie. Et sans lambiner, sur le pré !
Vous aurez pris pour cette pêche du fil de nylon de 18 centièmes de millimètre.
Ça y est, vous savez pêcher la truite !

Sans plombs ni flotteur. Ou deux ou trois plombs à vingt ou trente centimètres de l'hameçon quand l'eau est trop forte et le courant très vif. Mais les plombs ont tendance à se coincer entre les pierres du fond, ou sous elles. Mieux vaut s'en passer, surtout péchant à la sauterelle.
En revanche, pour mieux voir le fil et la direction qu'il prend, et pour savoir grosso modo à quel niveau vous péchez, et si votre appât est bien sur l'eau ou dans l'eau, et non pas en l'air, vous pouvez fixer à votre fil, à un mètre ou deux de l'hameçon, un ou deux brins de laine, un blanc un rouge, ou des petits voyants de rhodoïd, blancs et rouges pour convenir à tout état de l'ombre ou de la lumière.
Péchez en peignant la rivière, et la remontant de l'aval vers l'amont, car la truite toujours se tient nez pointé au courant.
Ne piétinez pas lourdement la rive, car toute vibration met le poisson en fuite. Ayez le soleil dans l'œil, pour que votre ombre n'aille pas sur l'eau épouvanter la truite, ni l'ombre de votre canne. Ouatez donc tous vos gestes, péchez l'arrière des grosses pierres immergées, les profonds, les faibles des courants forts et les forts des courants faibles, les après-gués, les après-boire des bestiaux, les coins d'ombre, en bordure des souches excaveuses des rives, les confluents de deux cours d'eau, les friselis. Frisez les queues d'herbiers, et insistez dans les remous, comme au pied des chutes...
Vous verrez comme les ratages apprennent à pêcher!
Et que si la pêche de la truite aux bonnes saisons est facile, c'est quand même du sport !
Il est vrai, répétons-le, à la portée de tous.

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L'hameçon renversé est un hameçon tordu avant d'être forgé, de telle sorte que sa pointe ne soit plus dans l'axe de sa hampe. Certains croient qu'il pique mieux que droit, ce qui est grave erreur, au ferrage il a tendance à déraper. Son seul avantage est dans certaines pêches avec lignes plom­bées posées à fond, où le poisson mordeur peut se ferrer seul, car avec cet hameçon-là il lui est moins facile de se dégager du fer une fois piqué à la lèvre ou dans l'arrière-gorge.

L'hameçon double est un hameçon à deux piquants au lieu d'un, employé dans la pêche des carnassiers.
Le triple est à trois branches et trois piquants, pour pêche des poissons carnassiers, pour armer les leurres ou les poissons vivants ou morts employés comme appâts, et aussi pour mieux tenir en place des esches fragiles, molles, du genre cube de pomme de terre cuite, ou certaines pâtes de pêche, ou pain, etc.
L'hameçon à agrafe est un hameçon-épingle, hameçon double dont les deux piquants sont orientés dans deux directions différentes, soudés à un fermoir du genre épingle de nourrice. Ce fermoir permet au pêcheur d'épingler l'hameçon sur l'échiné ou, mieux, au flanc du poissonnet vivant, (le « vif »), qui sert d'appât, par exemple, pour la pêche du brochet.
L'hameçon simple est le plus piquant et le plus discret. Le double pique deux fois moins. Le triple trois fois moins.
Trop ouvert ou trop fermé, l'hameçon pénètre mal dans la lèvre du poisson ferré, ou s'en dégage trop aisément. Émoussé par trop d'usage, ou oxydé, un hameçon ferait rater les touches au meilleur pêcheur, qui se reconnaît, entre autres, au piquant de ses hameçons.
Moralité : tenir ses hameçons au sec en morte-saison, les vérifier avant chaque partie de pêche. Les affûter ou les remplacer au moindre signe d'ébréchage, de rouille ou de détrempe du fer.

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